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Journée internationale de l'alphabétisation : en France aussi, lire et écrire ne va pas de soi

Written by
Anaïs Prescott
on
7/9/2026
Image d'un globe terrestre dans une bibliothèque de livres pour représenter l'alphabétisation - Monceau Langues

Publié à l'occasion du 8 septembre, Journée internationale de l'alphabétisation.

Chaque 8 septembre, la Journée internationale de l'alphabétisation, instituée par l'UNESCO, rappelle qu'apprendre à lire et à écrire est un droit fondamental. On imagine volontiers que ce combat se joue loin de chez nous. C'est une erreur : en France, 6 millions de personnes âgées de 18 à 64 ans rencontrent des difficultés à l'écrit ou en calcul, soit 15 % de cette tranche d'âge, selon l'enquête Formation tout au long de la vie menée par l'Insee et l'ANLCI en 2022-2023.

Derrière ce chiffre global, il y a des réalités très différentes — et des mots qu'il faut cesser de confondre.

Alphabétisation, illettrisme, FLE : trois situations, trois réponses

Ces trois termes sont souvent employés l'un pour l'autre. Ils désignent pourtant des publics distincts, qui n'ont ni le même parcours ni les mêmes besoins.

L'alphabétisation concerne les adultes qui n'ont jamais été scolarisés, ou très peu. Pour eux, tout est à construire : le geste d'écriture, le déchiffrage, le rapport même à l'écrit. Beaucoup parlent pourtant couramment le français au quotidien — on peut maîtriser une langue à l'oral sans jamais avoir appris à la lire ni à l'écrire.

L'illettrisme concerne les adultes qui ont été scolarisés en France, mais qui n'ont pas acquis, ou ont perdu, une maîtrise suffisante de la lecture, de l'écriture et du calcul. L'enquête Insee-ANLCI estime à 1,4 million le nombre de personnes concernées, soit 4 % des adultes scolarisés en France.

Le français langue étrangère (FLE), enfin, concerne les personnes qui savent lire et écrire dans leur langue d'origine et qui apprennent le français comme une nouvelle langue.

Cette distinction n'est pas un détail de vocabulaire : on n'enseigne pas de la même manière à une personne qui découvre l'écrit et à une personne qui le réapprend. C'est toute la différence entre une pédagogie standardisée et un accompagnement réellement adapté.

Le public de l'alphabétisation : une réalité massive et invisible

Parmi les adultes vivant en France qui ont effectué leur scolarité dans une autre langue que le français, plus d'un sur deux est en difficulté avec l'écrit en français. Ce chiffre dit une chose essentielle : la question de l'alphabétisation n'est pas marginale. Elle traverse les entreprises, les services publics, les associations, les quartiers.

Elle est aussi largement invisible. Les personnes concernées développent des stratégies de contournement remarquablement efficaces : un formulaire que l'on emporte « pour le remplir à la maison », une consigne que l'on fait relire par un collègue, un itinéraire mémorisé plutôt que lu. Ces stratégies témoignent d'une intelligence pratique réelle — mais elles ont un coût quotidien en énergie, en stress et en opportunités manquées.

Des conséquences concrètes sur l'emploi et l'autonomie

Les données de l'Insee sont sans ambiguïté : les difficultés avec les compétences de base pèsent directement sur les parcours professionnels. Une personne en difficulté à l'écrit ou en calcul a deux fois plus de risque d'être sans emploi qu'une personne qui ne rencontre pas ces difficultés. Et l'écart se creuse encore pour les femmes : parmi celles qui sont en difficulté à l'écrit, 42 % seulement occupent un emploi, contre 78 % des hommes dans la même situation.

Le numérique ajoute une seconde barrière. 17 % des personnes en difficulté à l'écrit n'utilisent pas Internet, contre 3 % de l'ensemble des adultes. À l'heure où les démarches administratives, la recherche d'emploi et une part croissante de la vie quotidienne passent par les écrans, ne pas maîtriser l'écrit revient de plus en plus à ne pas maîtriser sa propre autonomie.

C'est pour cette raison que l'on ne peut plus traiter la lecture, l'écriture, le calcul et le numérique comme des sujets séparés : dans la vie réelle, ils se présentent toujours ensemble. Lire un planning, calculer un budget, remplir un formulaire en ligne — chaque situation du quotidien mobilise plusieurs compétences à la fois.

Apprendre à tout âge : notre conviction, notre méthode

Chez Monceau Langues, nous avons conçu cette année un programme dédié, Alphabétisation et illettrisme, qui repose sur une conviction simple : lire, écrire, compter, se repérer et utiliser le numérique, cela s'apprend à tout âge — à condition de partir de la vie réelle de l'apprenant, pas d'un manuel.

Notre approche pédagogique s'appuie sur quatre principes.

Un ancrage dans le réel. Chaque compétence est travaillée à partir de situations concrètes : lire un document courant, remplir un formulaire, calculer un prix, lire un planning ou un plan, utiliser son téléphone et naviguer sur internet.

La transversalité des domaines. Écrit, numératie, repérage dans l'espace et le temps, et numérique sont combinés dans des tâches intégrées, comme ils le sont dans la vie quotidienne.

La valorisation de l'expérience. Un adulte qui ne maîtrise pas l'écrit n'arrive jamais les mains vides : il apporte des savoirs informels, des compétences professionnelles, des stratégies. Le formateur part de ce que la personne sait déjà faire.

Le droit à l'erreur. L'erreur est une étape normale de l'apprentissage. La communication et la cohérence priment sur la perfection formelle.

Concrètement, la formation se déroule en présentiel, en groupe ou en individuel, par modules de 20 heures, avec une préconisation globale établie à l'issue d'un audit des besoins. Une évaluation linguistique complète est réalisée avant le début des cours (le prérequis est un niveau A2 en français à l'oral), et une évaluation de fin d'apprentissage, associée à un autodiagnostic, mesure le chemin parcouru.

Employeurs, prescripteurs : vous avez un rôle à jouer

Plus de la moitié des personnes en situation d'illettrisme occupent un emploi. Cela signifie que les entreprises sont en première ligne — et qu'elles disposent d'un levier considérable. Proposer une formation aux compétences de base, c'est révéler des compétences déjà présentes mais bridées par le rapport à l'écrit, sécuriser les parcours professionnels et renforcer l'autonomie des équipes.

Les structures d'insertion, les associations et les collectivités, elles, sont souvent les mieux placées pour repérer et orienter les personnes concernées. Dans les deux cas, la première étape est la même : oser en parler, sans jugement.

La Journée internationale de l'alphabétisation est l'occasion idéale de le faire. Le reste de l'année aussi.

Vous souhaitez en savoir plus sur notre programme Alphabétisation et illettrisme, pour vous-même, vos équipes ou les publics que vous accompagnez ? Rendez-vous sur monceau-langues.fr ou écrivez-nous à contact@monceau-langues.fr.

Sources : Insee-ANLCI, enquête Formation tout au long de la vie 2022-2023, module « compétences » (Insee Première n° 1993, avril 2024, et n° 2080) ; ANLCI, Atlas de l'illettrisme en France.

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